Communiqué
CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FO du site CPB/CDH de Lyondellbasell

Shell qui se proclame socialement responsable et irréprochable et qui met en avant des valeurs telles que le respect et l’éthique, nous contraint aujourd’hui à porter sur la place publique, sa conduite scandaleuse. Shell a vendu le 1er avril 2008 son Site pétrochimique de Berre à Lyondell Basell Industries (LBI) en dépit des avis négatifs des 5 organisations syndicales et de leurs élus, qui s’inquiétaient de l’extrême fragilité de ce groupe sur endetté. En effet, le Groupe LBI créé par le rachat, par effet de levier de Lyondell par le Groupe Basell en décembre 2007 cumule un endettement global supérieur à 26 milliards de dollars.
L’inquiétude des organisations syndicales et de leurs élus était largement partagée par de nombreux économistes qui, à la veille de la crise financière majeure que nous connaissons, prédisaient un échec de cette aventure hasardeuse. De son côté, Shell nous a toujours assuré des bonnes perspectives économiques et industrielles de LBI et s’est engagée par accord signé au maintien des acquis sociaux jusqu’au 31/12/2010 ainsi que du Plan de Sauvegarde de l’Emploi jusqu’au 31/12/2009. Comme nous le craignions LBI constatant son état de faillite a été amenée – moins de 8 mois après la réalisation de l’opération – à se placer sous la protection du « chapitre 11 du code américain des faillites » ce qui fut acté par les juridictions compétentes le 6 janvier 2009.C’est à cette occasion que nous avons pu nous rendre compte qu’aucun dispositif n’avait été prévu entre Shell et LBI pour assurer l’effectivité des acquis sociaux ! Dans ce contexte et à titre préventif, les 5 OSR des entités françaises ont, après trois mois de démarches insistantes (plusieurs courriers, contacts et échanges téléphoniques), obtenu une réunion le 23 mars 2009 avec les représentants de Shell pour leur demander des explications sur cette carence contractuelle grossière et leur proposer avec l’aide d’avocats d’y remédier utilement. L’objectif étant que Shell se porte garant de sa signature et assure le maintien des accords et du PSE en cas de défaillance de LBI.
Refusant par principe toute discussion, la réponse négative de Shell est inacceptable. Cette fin de non recevoir est d’autant plus choquante que Shell affiche un bénéfice de plus de 31 milliards de $ pour 2008. Elle est insultante pour les 1600 salariés ex-Shell qui ont toujours eu une attitude responsable, qui ont permis à Shell pendant des décennies d’engranger des milliards. Alors que Shell a su provisionner dans le cadre de cette opération le risque environnemental à hauteur de 350 millions $, Shell n’a rien prévu pour les salariés. : avec Shell, les cygnes et les flamants roses de l’étang de Berre sont mieux traités que les salariés !
Pour les 5 OSR, les salariés ne doivent pas supporter les risques et assumer les carences contractuelles des accords conclus lors de la vente entre Shell et Lyondellbasell. Cette affaire emblématique intéresse l’ensemble des salariés et décideurs politiques et économiques de notre pays en posant une question fondamentale : l’employeur peut-il impunément prendre l’initiative de transférer ses salariés au profit d’un tiers sans s’assurer que celui-ci est en mesure d’assumer les engagements sociaux dont ces derniers bénéficient ? L’éthique des affaires et les principes de loyauté, de responsabilité et de bonne foi commande une réponse unanime : l’employeur qui ne s’assure pas de la capacité de son cocontractant à assumer les engagements sociaux qu’il a lui-même négociés, doit en assumer les conséquences vis-à-vis de ses salariés, sans restriction ni réserve. Devant cette attitude dédaigneuse et irresponsable, nous avons décidé d’interpeler les dirigeants du Groupe Shell le 15 avril 2009.
Nous avons jusqu’à présent privilégié le dialogue et le consensus pour essayer d’obtenir un compromis satisfaisant pour toutes les parties. Shell nous force à adopter une toute autre démarche et à mettre ces faits sur la place publique avec une médiatisation la plus large possible. L’exigence des 5 OSR et des salariés est claire, Shell ne peut ignorer le problème dont elle est responsable et doit honorer sa signature en se portant garant des engagements sociaux en cas de défaillance de LBI. Les discussions doivent reprendre en ce sens, sans délai.
L’intersyndicale CFE/CGC, CFDT, CFTC, CGT, FO
Berre le 6 mai 2009
ANNEXE LETTRE INTERSYNDICALE AUX DIRIGEANTS DE SHELL
Messieurs,
Votre lettre du 30 mars dernier est une insulte à l’égard des organisations syndicales, des 1.600 salariés Shell et de leurs familles ! Dans le climat économique et social que nous connaissons aujourd’hui, votre comportement irresponsable est une véritable provocation. Ainsi que notre lettre ouverte du 23 février vous le rappelait, vous avez pris l’initiative du transfert des activités du site de Berre et de plus de 1.600 salariés Shell au profit de « Lyondell Basell », pseudo groupe constitué à la va-vite en cours d’opération que vous vous êtes attaché à présenter comme un groupe florissant et prospère. Pur mensonge !
Face au scepticisme de la représentation du personnel, Shell s’est engagé contractuellement à ce que le bénéfice des accords d’entreprises et autres plans dont les salariés bénéficiaient au sein de Shell leur soit maintenu suite au transfert, au-delà des prévisions légales.
Moins de huit mois après cette cession, les sociétés holdings du groupe Lyondell Basell ont été contraintes de se placer sous le régime américain des faillites (chapter 11) et 13 des 16 entités françaises de ce groupe, dont CPB et CDH, ont fait l’objet de procédures d’alertes de leurs commissaires aux comptes et de leur comité d’entreprise. Les informations communiquées à cette occasion ont entrainé la saisine des tribunaux compétents.
Nous avons pu constater l’endettement scandaleux (plus de 26 milliards de dollars !) et l’extrême fragilité du montage financier mis en œuvre par Len Blavatnik à l’occasion du rachat du site de Berre, et surtout, l’absence totale de garantie pécuniaire quelle qu’elle soit, visant à assurer aux salariés le service effectif des droits transférés !
Oui, nous le redisons avec force :
Shell nous a vendu il y a moins d’un an à un groupe surendetté – véritable château de cartes, mû uniquement par le goût du profit de son principal animateur – et parfaitement incapable de faire face aux obligations souscrites à l’égard des salariés.
Shell, entouré de multiples conseils, connaissait parfaitement la nature réelle, la situation financière et l’incapacité matérielle de Len Blavatnik à faire face aux obligations qu’il lui faisait souscrire.
Dans le cadre d’une véritable entrave aux droits de la représentation des salariés, Shell a sciemment menti sur les garanties et perspectives réelles que ce groupe surendetté était en mesure d’offrir et sur les risques encourus par les salariés : risques avérés dès le jour de l’opération qui se concrétisent aujourd’hui, moins de huit mois après sa réalisation ! Shell a adopté un comportement frauduleux et déloyal à l’égard tant de la représentation du personnel du groupe que des 1.600 salariés concernés.
La responsabilité tant civile que pénale de Shell et de ses dirigeants est engagée.
IL est vrai qu’en dépit de ce constat accablant et qui reste parfaitement exact nous avons pris l’initiative de vous proposer une démarche visant à sécuriser les engagements que vous avez pris vis-à-vis de l’ensemble des salariés. Cette démarche visait à donner à chacun, salariés, Shell et employeur actuel, une perspective claire et une meilleure appréhension du risque. Parfaitement conscients de l’échec de votre « spin off »(désengagement), vous avez activé votre « cellule de crise » et vous étiez trop heureux de trouver, face à vous, des interlocuteurs constructifs. Lors de notre rencontre du 23 mars dernier, vous avez reconnu le trouble causé par la précarité de la situation financière de notre actionnaire principal, comme vous le rappelez dans votre courrier à propos de l’unité Solvants et vous nous avez laissé entendre que vous acceptiez d’étudier le dispositif que nous vous proposions.
Vous tentez aujourd’hui soudainement de vous exonérer de votre responsabilité de manière grotesque, en en faisant une position de principe comme si vos bénéfices vous plaçaient au-dessus des lois ! Tandis que vous comptez vos milliards, votre lettre est une trahison à l’égard des 1.600 salariés du site de Berre et un coup de tonnerre pour l’ensemble de vos salariés actuels qui prennent soudainement conscience de ce que Shell n’a pas de parole ! Nous regrettons vivement cette situation, incohérente et surtout irresponsable de votre part. Nous dénoncerons en place publique votre comportement immoral et cynique et prendrons toutes initiatives et actions, au travers notamment de la mobilisation des salariés, afin d’obtenir l’application des engagements que vous avez pris lors de la cession du site.
Les 5 OSR de CPB et CDH
De : intersyndicale lyondellbasell berre
mercredi 6 mai 2009
Le groupe Shell s’impose une sévère cure d’amaigrissement en France
En France, la présence de Shell se réduit comme peau de chagrin. Après avoir cédé ses trois raffineries l’an dernier pour 1,2 milliard d’euros (et on voit les conséquences sur l’étang de Berre), le géant anglo-néerlandais va supprimer 400 postes dans l’Hexagone d’ici à la fin de 2011 sur un total de 1.200 salariés. La compagnie pétrolière va fermer son centre de recherche de Petite-Couronne, en Normandie (80 salariés), spécialisé dans les huiles, les graisses et les bitumes, et répartir ses activités entre l’Inde, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Angleterre. « Le groupe ne souhaite pas conserver de centres de recherche de moins de 400 salariés », explique Jacques Beurion, secrétaire CFDT du comité d’entreprise du centre de Petite-Couronne.
Shell France prévoit également de délocaliser son service clients en Afrique du Sud et de transférer les fonctions transversales de la société (finances, juridique, ressources humaines…) en Pologne. Enfin, le pétrolier a décidé en mars dernier de supprimer plus de 70 postes au sein de sa filiale Butagaz, spécialisée dans la production et la vente de GPL. « La société est rentable mais affronte une concurrence importante des marques de distributeur », explique Michel Nicol de la CFE-CGC. Cette réduction des effectifs s’accompagne d’un désengagement massif de la vente de carburants. En octobre, le pétrolier a mis en vente 240 stations-service sur un total d’environ 340. Shell entend désormais limiter sa présence en France aux grands axes et aux autoroutes. Selon les syndicats, la majorité des suppressions de postes va se traduire par des licenciements secs. Ceux-ci devraient intervenir à partir du 1er septembre 2009 et se dérouler jusqu’au 31 décembre 2011.
Shell n’est pas le seul pétrolier à procéder à des réductions d’effectifs en France. Après Total en février, BP France a, lui aussi, engagé des négociations au mois d’avril afin de supprimer 58 postes dans l’Hexagone sur un total de 1.540. Mais la stratégie de Shell est d’une autre ampleur. A l’issue de son plan, Shell France ne devrait plus compter que 800 salariés fin 2011 contre 3.500 voilà deux ans.
Un marché contrôlé par les grandes surfaces
La mise en vente de l’essentiel de ses stations-service françaises par Shell le confirme : les groupes pétroliers ne cessent de perdre du terrain sur le marché des carburants. En France, ils ne contrôlent plus que 42 % du marché contre 58 % pour les grandes surfaces, selon les chiffres de l’Ufip. L’an dernier, les pétroliers et les indépendants ont encore fermé 311 stations-service, tandis que les grandes surfaces ont ouvert 81 points de vente.
Shell: les restructurations de sites totalisent 400 suppressions de postes
PARIS – Les restructurations lancées en France par le groupe anglo-néerlandais Shell vont supprimer 400 postes d’ici fin 2010, ont déploré mardi les syndicats qui appellent, à quelques jours d’un comité de groupe, au gel de « toutes les suppressions d’emplois ».
La direction a confirmé la suppression « d’environ 400 postes » mais souligné « un plan social parmi les meilleurs en France, et qui ne sera effectif qu’après le 1er septembre 2009″. « Nous avons fait des annonces en juin 2008, nous voulions donner du temps aux gens pour se préparer et jouer la transparence », a déclaré à l’AFP Marc Specque, un porte-parole de Shell France.
« Il est inadmissible qu’une société européenne florissante continue de détruire des emplois sur le territoire national et en Europe », ont estimé les syndicats dans un communiqué, soulignant que Shell a réalisé 31 milliards de dollars de bénéfices en 2008.
Le centre de recherche de Shell en France (82 postes), installé à Petit-Couronne en Normandie (huiles, graisses et bitumes) va fermer, et cette activité ira en Inde et aux Pays-Bas, a précisé la direction.
Les syndicats pointent aussi des restructurations dans la filiale Butagaz et le réseau de stations-service, qui sera recentré sur les grands axes.
En outre, le service aux clients (vente à distance) ira en Afrique du Sud et certaines fonctions support (services financiers, juridiques…) en Pologne, a-t-on indiqué de source syndicale, confirmée par la direction.
« La seule motivation de la direction, c’est de réduire les coûts et de délocaliser pour être plus rentable », a affirmé à l’AFP Fred Beurion, délégué CFDT.
Les suppressions de poste se font par des départs anticipés à la retraite et des aides à la réalisation de projets personnels, mais la direction n’exclut pas des licenciements économiques.
A priori, aucun départ n’aura lieu en 2009 grâce à des dispositifs de maintien des salariés à leur poste pendant plusieurs mois, aux congés reclassement de neuf mois et à des postes créés pour assurer les réorganisations internes.
Fred Beurion (CFDT) a jugé « très correctes » les conditions de départ. Pour un salarié ayant 25 ans d’ancienneté mais à dix ans de la retraite, les indemnités peuvent aller jusqu’à 84 mois de salaires, a précisé la direction.
(©AFP / 05 mai 2009 19h31)
Shell va vendre 70 % de ses stations en France
Par LeMonde.fr
mer 06 mai, 8h19 Envoyer par mail Envoyer via Y! Messenger Blog via Yahoo! 360 Imprimer
Le groupe pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell prévoit de vendre 70 % de ses stations-service françaises et de supprimer quelque 400 postes en France sur un total de 1 200 salariés, rapportent Les Echos, mercredi 6 mai. Shell a mis en vente 240 stations-service sur un total de 340 en France, écrit le quotidien économique, sans citer de source. Les stations restantes seront recentrées sur les grands axes. Royal Dutch Shell a vendu ses trois raffineries françaises l’année dernière.
La direction a confirmé la suppression ‘d’environ 400 postes’ mais souligné ‘un plan social parmi les meilleurs en France, et qui ne sera effectif qu’après le 1er septembre 2009′. ‘Nous avons fait des annonces en juin 2008, nous voulions donner du temps aux gens pour se préparer et jouer la transparence’, a déclaré Marc Specque, un porte-parole de Shell France.
‘Il est inadmissible qu’une société européenne florissante continue de détruire des emplois sur le territoire national et en Europe’, ont estimé les syndicats dans un communiqué, soulignant que Shell a réalisé 31 milliards de dollars de bénéfices en 2008. Le centre de recherche de Shell en France (82 postes), installé à Petit-Couronne en Haute-Normandie (huiles, graisses et bitumes) va fermer, et cette activité ira en Inde et aux Pays-Bas, a précisé la direction. Les syndicats pointent aussi des restructurations dans la filiale Butagaz. En outre, le service aux clients (vente à distance) ira en Afrique du Sud et certaines fonctions supports (services financiers, juridiques…) en Pologne, a-t-on indiqué de source syndicale, confirmée par la direction.
‘La seule motivation de la direction, c’est de réduire les coûts et de délocaliser pour être plus rentable’, a affirmé Fred Beurion, délégué CFDT.
Les suppressions de poste se font par des départs anticipés à la retraite et des aides à la réalisation de projets personnels, mais la direction n’exclut pas des licenciements économiques. Aucun départ ne devrait avoir lieu en 2009 grâce à des dispositifs de maintien des salariés à leur poste pendant plusieurs mois, aux congés reclassement de neuf mois et à des postes créés pour assurer les réorganisations internes. Fred Beurion (CFDT) a jugé ‘très correctes’ les conditions de départ. Pour un salarié ayant vingt-cinq ans d’ancienneté mais à dix ans de la retraite, les indemnités peuvent aller jusqu’à 84 mois de salaire, a précisé la direction.

