salariész azurchimieAzur Chimie fait le ménage. Alors que leurs collègues (une bonne quarantaine ce vendredi matin) campent autour du piquet de grève, plusieurs des leurs ont été réquisitionnés pour vidanger les circuits. Car la grève qui a commencé mardi soir pourrait malheureusement bien durer. Pour la première fois depuis plusieurs années, la procédure d’arrêt est en cours. Un symbole fort pour les quelque 100 salariés du dernier site chimique de Port-le-Bouc. « Aujourd’hui, on se bat pour la survie du site« , explique l’un d’eux. Chevron, Atochem, Ferro, Atofina, Albemarle et, depuis le premier janvier dernier, ICIG… L’usine est passée de main en main. Mais elle est restée dans le rouge : entre 3 et 4 millions de perte chaque année. Et près de 350 suppressions de postes en 7 ans. Quand ICIG, un groupe financier allemand, est devenu actionnaire principal, les salariés y ont cru. L’entité Azur Chimie a été créée. Un nouveau projet industriel devait voir le jour : une production renouvelée, réorientée vers l’agrochimie. Mais personne n’en a vu la couleur.
« Le projet industriel s’est traduit par la volonté d’ICIG de supprimer 50% des emplois« , s’indigne Gérard Kechichian, secrétaire du comité d’entreprise, qui parle pourtant d’une hypothèse « optimiste« . Sinon? Rachid, un opérateur, craint la fermeture totale de sa boîte. Pour lui, ICIG est le « fossoyeur » d’Albemarle, l’ancien propriétaire : après avoir racheté le site et en avoir tiré tout ce qu’il pouvait, ICIG se dit insolvable.  Un CE extraordinaire pourrait avoir lieu la semaine prochaine. Pas de quoi satisfaire les grévistes qui exigent de rencontrer l’actionnaire principal d’ICIG, Alex Smit. « On ne débloquera pas les stocks tant qu’il ne sera pas venu ici.« , affirme M. Kechichian.

Pour le syndicat CGT du site, « la lente mais inexorable agonie du site de Port de Bouc s’inscrit dans les multiples et récents changements de propriétaires, chacun emportant avec lui, lors de son départ, un peu de sa substance vitale : chaque fois un peu moins de salariés, chaque fois des plans dits sociaux et un site qui se recroqueville de plus en plus. Les salariés ne se résigneront pas à subir un démantèlement de leur outil de travail. Nous pensons fortement que notre site a des atouts, aussi bien industriel que grâce à son personnel. La logique financière doit maintenant cesser. devant toutes ces interrogations, il est temps de réagir… SILENCE… ON TUE ? NON… ON NE MEURT PAS !!!

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