En lutte

Fralib : la réponse des salariés à Unilever

Les salarié de Fralib en lutte pour la reprise de l’activité industrielle (production de thé Éléphant)ont pris connaissance des dernières déclarations du PDG d’UNILEVER France qui avait convoqué les journalistes en conférence de presse hier matin à PARIS. Voilà d’ailleurs ce qui s’est dit lors de cette conférence de presse : "Le président d’Unilever France Bruno Witvoët a proposé de mettre "12 millions d’euros sur la table" pour soutenir le projet de reprise des salariés de l’usine Fralib de thés Lipton et d’infusions Elephant à Gémenos, auquel il a toutefois affirmé ne pas croire. Présentée par courrier au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, cette offre inclut la revente des machines, d’une valeur de 7 millions d’euros, pour un montant symbolique d’un euro à la Communauté urbaine de Marseille (CUM). Elle comprend également une proposition de "transaction en moyenne sur la base d’un montant de 65.000 euros par salarié", à multiplier par "les 78 salariés sur les 103" qui "seraient prêts à s’engager dans le projet" de reprise, sur le modèle d’une coopérative, a précisé M. Witvoët lors d’une conférence de presse à Paris. "Cela fait 5 millions d’euros" de plus, permettant d’atteindre les 12 millions d’euros annoncés, a détaillé M. Witvoët. Le président d’Unilever France, dont Fralib est une filiale à 100%, a toutefois déclaré que le projet de reprise des salariés n’était pas viable économiquement. Ce projet "contient toujours des dispositions qui ne (lui) permettent pas d’être viable" car il demande notamment au groupe Unilever de céder la marque Elephant et compte sur des volumes de sous-traitance pour fonctionner. Selon M. Witvoët, l’offre "la plus crédible" est celle formulée par le producteur de chips local Sibell. "Pour nous, le débat est clos", a-t-il en outre affirmé, ajoutant que "la date limite c’est qu’en septembre nous devons rendre en l’état le site à son propriétaire". Locataire des lieux, Unilever France a dénoncé le bail qui doit prendre fin en septembre. Le site est actuellement occupé par une partie des salariés. Le 20 avril, le tribunal de grande instance de Marseille a validé le troisième plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mis en place pour accompagner la fermeture de l’usine, la seule en France à produire les thés et infusions de la marque Elephant. La justice avait invalidé les deux premiers PSE. La CGT a fait appel contre la décision sur le 3e."

La réponse des salariés de Fralib Gémenos :

1) Soyons clairs d’entrée. « Non, Messieurs les actionnaires d’UNILEVER, la France n’est pas une colonie bananière ». La France n’est pas dirigée par le PDG d’UNILEVER. Pour information, les élections présidentielles et législatives ont eu lieu il y a peu… De nombreux élus du peuple français soutiennent notre juste combat pour l’emploi et le développement industriel. Les coquins et les copains d’UNILEVER à qui l’on pouvait demander service, ont été remerciés, dont le premier de cordée Sarkozy. Les temps changent… Ainsi le PDG prétend-il que le débat est clos, alors qu’il n’y a jamais eu ouverture de réelles discussions et encore moins de négociations entre les organisations syndicales, représentant les salariés de Fralib, le groupe UNILEVER et l’ensemble des acteurs concernés par notre dossier, notamment les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les éventuels partenaires.

Le câble est un peu gros… Mr Witvoët.

2) Le PDG parle de mettre sur la table généreusement 12 M€ pour contribuer au projet porté par les salariés tout en continuant à affirmer qu’il n’est pas viable. Le même jour, le club de football de la capitale annonce le recrutement d’un joueur dont le salaire s’élèvera à 14 M€ net d’impôts. La nouvelle à sensation de Mr Witvoët accouche d’une souris, d’autant que l’on connaît parfaitement les profits accumulés par le groupe. Le PDG fait cette annonce alors qu’il sait parfaitement que la contribution d’UNILEVER pour la concrétisation de notre projet et dans l’assurance de sa pérennité doit se faire en prenant en compte nos propositions sérieuses élaborées dans le groupe de travail issu de la première table ronde tenue en Préfecture le 1er juin. Celles-ci ont obtenu le soutien des collectivités territoriales, des pouvoirs publics et du Ministre du Redressement productif. Ces propositions contiennent à la fois des dispositions financières, mais aussi l’obtention de la marque Thé Eléphant qui appartient aux salariés, à la région, à la nation, et des volumes nécessaires au démarrage de l’activité.

3) Il affirme que les 12 M€ comprennent les machines dont la valeur actuelle serait de 7 M€ qu’il cédera pour 1 € symbolique. Il explique que les 5 M€ restant seraient versés au titre des indemnités transactionnelles sous condition que les salariés renoncent aux actions en justice. Ce qui est une scandaleuse opération de dévoiement de dispositions sociales et une misérable tentative de culpabilisation des salariés en lutte. Nous ne céderons pas à ces petits jeux, qui démontrent le manque de hauteur de ceux qui dirigent le groupe UNILEVER. Soyons précis, il propose une transaction à hauteur de 65 000 € par salarié en lutte depuis 660 jours pour conserver leur emploi. En novembre 2011, des salariés ont signé des transactions à hauteur de 90 000 € sous pression d’UNILEVER en contrepartie de leur renoncement à leur réintégration suite à la décision de la Cour d’appel d’AIX en PROVENCE qui a cassé le 2ème PSE. Dans une situation sociale si tendue, le PDG fait semblant de se poser la question de savoir si les salariés sont prêts à investir ces sommes dans leur projet. Au-delà de la morgue d’une telle interrogation, on ne peut plus mal venue pour l’un de ceux qui n’ont aucune difficulté de fin de mois, le PDG sait fort bien que notre projet contient un objectif de 5 M€ de fonds de roulement, constituant l’apport des salariés qui doit provenir de la somme améliorée que devra verser UNILEVER aux salariés qui créent leur propre emploi. Ce dispositif est prévu dans le PSE, que nous nous sommes toujours refusé de négocier en tant que Plan de Sabordage de l’Emploi.

4) Pour clarification, il est de notre devoir d’expliquer à Mr Witvoët que 12 M€ - 1€ symbolique font 11 Millions 999 999 € et non 5 M€. Nous devons rappeler que la cession des machines n’est pas un geste nouveau. Depuis l’annonce de la fermeture (septembre 2010) UNILEVER a toujours affirmé qu’il céderait les machines excepté un très petit nombre d’entre elles à une solution de reprise du site. Il s’agit là, tout simplement pour nous, d’une première concrétisation des obligations d’UNILEVER pour assumer les responsabilités qu’il porte dans la casse industrielle, le chômage et la précarisation des salariés.

5) La conférence de presse d’hier de Mr Witvoët est un signe de fébrilité du groupe. Ce n’est pas par des déclarations péremptoires, cyniques ou visant à tronquer nos propositions que les problèmes se règleront. Mais si toutefois le message que voulait faire passer le PDG d’UNILEVER était d’annoncer que le groupe est enfin disposé à négocier les conditions du maintien de l’activité industrielle et des emplois, nous sommes, comme nous l’avons toujours dit depuis 661 jours, disponibles à tout moment pour construire une solution alternative dans le cadre de la table ronde qui se poursuit à partir des 3 dimensions précises et solidaires définies lors de la rencontre avec Arnaud MONTEBOURG, Ministre du Redressement productif. Ce processus intègre, en plus des représentants des salariés et du groupe UNILEVER, la CUM, les collectivités territoriales, les pouvoirs publics, les partenaires potentiels qui s’affirment. Tout escamotage est nuisible à la construction d’une solution alternative pérenne. Comme nous l’avons annoncé hier nous avons finalisé une déclaration en réponse au PDG d’UNILEVER France, qui avait convoqué une conférence de presse hier matin à Paris sur notre dossier.

Nous la joignons à ce message.

Ce jeudi matin a été évoqué le cas de 12 d’entre nous, à qui la direction retient injustement les salaires depuis début mai, devant le tribunal des Prud’hommes de Marseille à 8 H 30. Les avocats d’UNILEVER ont tenté de justifier l’injustifiable. A savoir nous considérer en grève, alors qu’aucune activité n’a repris sur notre site depuis juillet 2011 et cela même après la décision du 17 novembre 2011 qui a cassé la procédure et lui a imposé de nous réintégrer et de redémarrer la production. Le jugement sera rendu le 16 août prochain.

Pour compléter ce dossier, voici ce qui s’est dit dans les médias :

A voir FR3 Méditerranée du 18.07.2012 :

http://info.francetelevisions.fr/vi...

LCM du 18.07.2012 :

http://www.youtube.com/watch?v=ii7V...

BFM TV du 18.07.2012 :

http://www.bfmtv.com/#!fralib-unile...

Bruno WILVOËT PDG UNILEVER France en VRP de SYBELL !!! /

http://www.bfmbusiness.com/intervie...

Question de Henri JIBRAYEL à M. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, à l’assemblée Nationale sur FRALIB le 18 juillet et la réponse du ministre :

http://www.assemblee-nationale.tv/c...

Enfin : Chronique de la haine de classe ou Un nouvel outil économico-managérial au service de l’écrasement durable des luttes sociales. Olivier Leberquier de Fralib en réponse à la posture managériale des dirigeants du groupe Unilever. Enregistré au cours de la soirée à l’initiative des Contis, soirée avec les Fralib de Gémenos et les Continentale Nutrition de Vedène du 17 juillet 2012. Les Continentale Nutrition et les Fralib sont toujours en lutte sur leur site depuis des mois.

sur dailymotion (http://www.dailymotion.com/video/xs...)

Grève chez Unilever

Salaires payés à moitié, congés réduits… A l’usine de glaces Inmarko d’Omsk, propriété du groupe français Unilever, les conditions de travail ne sont pas au beau fixe. Le 12 mai, les salariés de l’usine ont déclaré une grève de trois jours pour protester contre les bas salaires et le non-paiement des heures supplémentaires. Le 16 mai, les ouvriers sont retournés à leur poste de travail, après que la direction de la société a promis d’augmenter les salaires de 4% et de recruter de nouveaux employés. La situation s’était dégradée à partir d’avril 2011, quand la majorité des employés d’Inmarko ont été tranférés sous le contrôle de la société « Koulmen – personnel industriel », qui s’occupe du recrutement et de la gestion du personnel pour Unilever Russie. L’une des ouvrières, Tatiana Nasretdinova, dit qu’après cette date, « on ne nous a payé que deux semaines de congé et, si la société estime à 1 100 roubles par roulement le travail des femmes qui s’occupent du packaging [l’entreprise fonctionne sur le modèle des trois-huit, ndlr], Koulmen ne paie que 650 roubles ». Par ailleurs, le parquet a entamé une vérification de conformité à la législation du travail car il a été noté que l’entreprise n’avait pas passé de contrat de travail avec tous les employés.

FRALIB : LE PROCESSUS DE TABLE RONDE SE POURSUIT

La rencontre avec Monsieur Arnaud MONTEBOURG, Ministre du Redressement Productif a permis de dégager trois axes importants de travail, issus de la première phase du processus de table ronde permettant de faire émerger des perspectives concrètes afin de pérenniser l’avenir industriel du site de Gémenos, et d’assurer la poursuite de la production de thés et d’infusions. Dans ce cadre, le projet alternatif porté par les salariés de FRALIB a reçu un accueil positif et de nombreux points forts ont été relevés. Les travaux de la table ronde doivent se poursuivre pour finaliser la solution alternative au plan de liquidation de notre usine préconisé par UNILEVER.

1) Dans les tous prochains jours, une décision sera avancée s’agissant des bâtiments, des terrains et de l’outil industriel, nous permettant de sécuriser l’activité industrielle à Gémenos. Celle-ci va se construire autour de la notion d’ « appropriation publique des moyens de production ». Dans le droit fil de la préemption décidée par la Communauté Urbaine de Marseille, il est proposé d’approfondir cette démarche et de faire de l’ensemble du site de Gémenos, une propriété publique, à titre provisoire, permettant la construction d’une solution industrielle viable, autour, avant tout, de la perspective de production de thés et infusions.

2) Plusieurs projets ont été évoqués permettant de maintenir l’activité industrielle et les emplois, tournant essentiellement autour de notre solution alternative. Certains sont déjà élaborés ; d’autres méritent une attention particulière et un approfondissement, et d’autres enfin sont en début d’élaboration. Ces projets font apparaitre des potentiels de construction d’une solution pérenne dont la base solide est le projet porté par les salariés et mettent également en évidence nombre de convergences et de complémentarités.

3) Des discussions et contacts doivent être organisés avec le groupe UNILEVER ; la proposition a été faite de les réaliser sous l’égide des pouvoirs publics et notamment ceux concernés par l’emploi, afin d’engager des réelles négociations créant les conditions visant à ce que le groupe UNILEVER assume toutes ses responsabilités économiques et sociales. C’est à partir de ces trois axes, qui forment un ensemble indissociable et solidaire que doivent s’organiser les discussions sous l’égide des pouvoirs publics et du Ministère du Redressement Productif. Contrairement aux affirmations d’UNILEVER, qui tente de manipuler et diviser ceux qui veulent construire une solution pérenne de production de thés et d’infusions à Gémenos, le processus de table ronde se poursuit.

Prétextant de « répondre au souci d’apporter à chacun une information aussi complète que possible, tout au long de la procédure de consultation avec les partenaires sociaux », le groupe UNILEVER fait très fort dans la désinformation sur le site internet de FRALIB. On y trouve en effet une rubrique « questions fréquentes » dont on ne sait par qui elles sont posées et auxquelles FRALIB fournit en guise de réponse des affirmations péremptoires qui ne visent qu’à tenter de justifier économiquement l’injustifiable décision de fermeture de notre site. Le groupe UNILEVER doit assumer ses responsabilités et répondre aux revendications portées par les salariés, et notamment la cession de la marque Eléphant, l’attribution de volumes de production en sous-traitance à la SCOP les premières années, ainsi que le financement du fond de roulement. Le groupe UNILEVER devra également réparer le préjudice moral causé aux salariés de FRALIB, suite à la décision injustifiée de fermeture du site de Gémenos. Les syndicats CGT et CFE/CGC prendront dans les prochains jours des initiatives pour rencontrer les différents acteurs, et notamment les représentants des collectivités territoriales, en premier lieu ceux de la CUM, acquéreur de l’ensemble du site, le Commissaire au Redressement Productif, le Médiateur désigné par le Ministre, les partenaires potentiels ou déclarés à la solution alternative, afin d’examiner avec eux ces différents axes de travail. Une nouvelle table ronde associant les salariés, les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les partenaires et le groupe UNILEVER devra se tenir pour finaliser la solution alternative consacrant le redémarrage de la fabrication de thés et d’infusions à Gémenos.

Amicalement les salariés de FRALIB en lutte.

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